Partenariat Afrique - Chine

China-Africa Partnership

 

La Chine travaille en partenariat avec l’Afrique pour saisir des opportunités en période de crise

Le Défi

Dans un environnement en rapide évolution, de nouveaux modèles émergent dans les domaines des TIC et de la fragmentation géographique du commerce, de la direction des flux de capitaux et des réseaux de production. Tous les pays, développés ou en développement, font aujourd’hui face à des choix critiques et doivent trouver des moyens de faire face à un environnement économique changeant et de transformer les crises en opportunités

La crise économique mondiale pose plusieurs risques pour le développement en Afrique où le taux de croissance du PNB est estimé à 3,5%. Parmi ces risques, il y a le ralentissement prévisible du flux des investissements étrangers, faisant craindre pour la création de nouveaux pôles de croissance pour les économies locales et nationales. Le continent fait face aujourd’hui au défi de la nécessité de développer et répliquer des projets isolés réussis, et de celle d’apprendre d’expériences d’autres pays en matière de politique économique et d’investissement pour accélérer son propre progrès social et économique. C’est dans ce contexte que depuis décembre 2008, l’Institut de la Banque mondiale, en collaboration avec les régions Afrique et Asie-Pacifique, a organisé une série d’activités de formation Sud-Sud sur le thème «Climat d’investissement et croissance équilibrée» entre l’Afrique et la Chine.

En se basant sur l’exemple de la croissance économique de la Chine, les ateliers faisaient suite au programme de partage d'expérience en développement Chine-Afrique qui s’était tenu avec succès en mai 2008 et avait amené 31 hauts fonctionnaires africains à rencontrer et échanger avec leurs homologues chinois. Les objectifs de ce programme étaient de partager les expériences, d’apprendre à partir des succès et des échecs de la Chine et d’explorer les voies pour répliquer ces exemples dans le contexte africain.

L’approche d’apprentissage Sud-Sud

Deux ateliers avaient été organisés jusque là autour des expériences de développement par grappe (Cluster). En s’appuyant sur le GDLN, ces ateliers avaient connecté 11 pays d’Afrique (anglophones et francophones) à Beijing et à Washington DC. Les séances s’étaient focalisées sur les voies à suivre pour identifier les déficits de connaissance et les aspects centraux d’une proposition d’échange de programme en Zones Economiques Spéciales (ZES) Chine / Asie Orientale – Afrique, Investissement Etranger Direct(IED) et le Développement par grappe.

Les participants incluaient des cadres de haut niveau de ministères clé (Economie, Finance, Industrie, Plan et Education) qui gèrent les Zones Economiques Spéciales (ZES) et les Zones Franches, des représentants des Chambres de Commerce, d’institutions financières et de développement, du secteur privé et des experts du monde académique.

Shanta Devarajan, Economiste en Chef de la Région Afrique à la Banque mondiale avait ouvert la seconde séance en encourageant les participants des pays africains à partager leurs expériences  et à apprendre les uns des autres à travers cette plateforme de débat public. « La clé est de générer la connaissance pour le changement à partir de l’intérieur du pays. Cela doit partir d’un échange comme celui-ci : par l’apprentissage de ce que les autres pays ont essayé, ce qu’ils ont développé, ce qu’ils ont réussi et ce sur quoi ils ont échoué. Cela doit partir des habitants des pays, ceux qui connaissent bien le pays, qui connaissent ses problèmes et qui savent quelles idées fonctionneront le mieux ». Il avait particulièrement insisté sur les succès et les échecs chinois en matière de développement, comme source d’inspiration.

Structurées comme une interaction à deux sens entre participants chinois et africains, les présentations au cours de chaque atelier ont permit un riche dialogue et un partage des connaissances entre les pays, faisant la preuve de l’importance accordée à ce sujet en Afrique. Les discussions ont également démontré le dynamisme des Clusters et leurs liens directs avec la croissance intérieure, la création d’emploi et le développement du commerce, ainsi que l’efficacité de la formation entre pairs utilisant les technologies modernes.

De plus, cette expérience de formation Sud-Sud a mit en évidence les défis rencontrés par beaucoup de pays africains et le rôle critique des gouvernements et des politiques publiques dans la promotion du développement par cluster. Ainsi, les participants au Sénégal ont pu partager leur expérience en créant des clusters en agriculture et en tourisme pour soutenir la mise en oeuvre de la «Stratégie de Croissance Accélérée » dans leur pays, une initiative fortement appuyée par le gouvernement.

Plusieurs questions ont été soulevées par les participants: Qu’est-ce qui peut-être retenu des expériences de réformes passées en réponse aux crises économiques ? Comment progresser en utilisant les ressources locales pour attirer l’investissement étranger ? Comment  développer les clusters au sein des régions à faible niveau de redevabilité? Comment devenir compétitif sur le marché international compte tenu de la crise financière actuelle ? Quel rôle peuvent jouer les gouvernements et les agences internationales de développement pour aider les développements par cluster en Afrique ?

Sur les questions traitant de l’intégration régionale et la création d’un climat favorable d’investissement, Yang Wang, Chef de Programme au Programme de Renforcement de Capacité du Climat d’Investissement à l’institut de la Banque mondiale, a répondu en expliquant « qu’avec le ralentissement de l’économie, l’intégration régionale est devenue encore plus importante. A travers le commerce avec les pays voisins, développer les réseaux de production, établir des groupes au-delà des frontières, il y a là un grand potentiel pour les pays africains d’avoir une économie d’échelle, améliorer la compétitivité et maintenir la croissance rapide. Les gouvernements devraient se concentrer sur la croissance régulière des plans de travail et créer un meilleur climat d’investissement ».